31/08/2005

D'ICI-LA.....

L'enfer, là où se font et se défont les astres, est peut-être un silo rouillé enfoui très loin sous le sol d'une fosse océanique oubliée. Là où les éons et les néons hallucinent à en perdre haleine, où d'étranges et mystérieux colosses d'airain et de plomb fondu attendent. Par temps clair, on peut parfois entendre dans certains ascenseurs vétustes et répertoriés sur aucune carte le chuintement de la transvection, un mode de transport infernal plus guère usité de nos jours et nécessaire pour passer d'un monde à un autre, le pendant magique du websurfing sur un plan beaucoup plus vaste et tout aussi mathématique. Car la magie obéit elle aussi aux lois des mathématiques, quand on en comprend la signification profonde et surtout leur réelle utilité. Or donc, parfois, il nous semble percevoir les échos de quelque monde obsolète et poétique suppurant des interstices d'une cloison de tulle, d'une paroi de métal (le métal est en effet un bon conducteur) ou du tarmac flétri de routes secondaires aujourd'hui abandonnées. Nous prend alors l'envie de tout abandonner pour aller n'importe où mais hors de ce monde en se glissant par les fissures acérées d'un passage qui demeure introuvable, toujours en mouvement dans l'espace et le temps et foncièrement aléatoire. Il nous faut alors prendre garde aux choses mauvaises et mortes depuis trop longtemps qui peuvent, quand les conditions leur sont propices, ouvrir un autre passage, un trou dans le continuum espace-temps vers une dimension de pur chaos où tout n'est qu'électricité, foreuses en rotation perçant la chair pour toujours et à jamais, colonnes de corps consommés et régurgités, assomptions négatives, infrasons spasmodiques de marées biliaires projetant les reliefs de quelque repas obscène sur de vénéneuses falaises. Un endroit où il fait bon vivre et élever ses enfants. C'est une question de libre-arbitre. Le mal est un choix. Les camps de d'extermination nazis, soit l'enfer sur Terre, sont la résultante de l'application de ce principe immanent aux bouchers humains. L'enfer est en nous, inscrit dans nos gênes. Les textes sacrés semblent indiquer le contraire, le décrivant comme un état extérieur à l'humanité. Et si ces deux visions étaient compatibles, tels deux donneurs monstrueux de sang vicié? S'il existait, sur un autre plan de la réalité, un Enfer physique, un univers de bestialité d'une pureté resplendissante qui serait la synthèse, la quintessence organique des atrocités humaines, celles-ci ayant engendré un univers physique en constante expansion ??? Et s'il prenait l'envie à des scientifiques déments de trouver la porte ouvrant sur ce monde d'absolue cruauté dans un but inexplicable si ce n'est l'attrait de la recherche pure, démente dans sa pureté et parfaite dans sa démence ? Que se passerait-il alors ? Le gouvernement Bush se lancerait-il à l'assaut des Enfers ou reconnaîtrait-il ses pairs et concluerait-il une alliance infernale? Imaginons alors un instant ce que serait la réalité: un beau matin d'été, vous ouvrez la radio qui ne diffuse ni news ni musique mais seulement du bruit blanc. Et soudain retentissent des chœurs abjects et le vrombissement suraigu et assourdissant de perceuses à têtes chercheuses fouillant la chair putréfiée des damnés maintenus en vie jusqu'à la fin des temps. Quoi alors ? Nous serions éternels mais le libre-arbitre, vecteur des tendres rameaux de l'innocence, aurait disparu, les Anges s'en seraient allés, nous laissant seuls face à nos âmes souillées. D'ici-là…


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CES ETRANGES FETES FORAINES SUBATOMIQUES...

Hé bien hé bien, il semble bien loin le temps béni des colonies où l'on pouvait d'une simple courbure de l'échine glacer le sang des petits animaux familiers de couleur sombre batifolant dans les bosquets. Pourtant pourtant, dans certaines backrooms électrobruxelloises, quand la lune est haute et gibbeuse et que souffle une imperceptible brise de terre, il est possible, avec un peu de chance et beaucoup de patience, d'apercevoir ces gentils mammifères broussailleux se dandinant vainement à l'ombre des fosses d'aisances sur lesquelles se reflètent les lumières de soleils morts depuis trop longtemps. Dans bien des cas, des soubresauts furtifs, voire des cabrioles funestes accompagnent les étranges et pour le moins repoussants ébats des ombrageux animaux qui, tel l'oursin du Népal, entonnent un ululement strident que seul le sympathique chanteur de fête foraine Garou parvient à imiter avec plus ou moins de bonheur. Entre deux enjambées virevoltantes et néanmoins surannées, vous aurez juste le temps de vous écrier "Cela est juste mais bon" avant de voir disparaître la grotesque créature en quelque antre dont elle seule a le secret et où elle pourra s'adonner à de singuliers et libidineux plaisirs qui n'excluent ni monsieur ni madame. Car s'il est certain que ces stériles accouplements n'ont pour seul intérêt que de faire remonter à la surface une certaine généalogie de la gastronomie familiale, il n'en reste pas moins qu'elles ne sont pas dépourvues d'un certain attrait, notamment celui de l'ellipse quantique accompagnant l'épiphanie assommant l'innocent spectateur de l'intromission avortée qui s'entend s'écrier: "Si ce n'est pas pour moi, faites-le pour les enfants!…" Car car même si dans certains cas, la rigor mortis peut expliquer certains états érectiles, tel qu'arboré en période de rut par le pingouin manchot de Poméranie, il est par contre beaucoup plus difficile, voire vain, d'essayer de trouver une explication logique, sensée et rationnelle à l'attraction que peuvent exercer certaines cavités béantes et sudoripares sur les appendices maritaux de cuirettes nazillonnes transbahutant des cutters rouillés enduits de curare et recouverts de smegma durci dans les poches de leurs amples vestes gestapistes… Encore qu'une gestapiste enduite d'huile de castor, ça pourrait le faire, comme le disait si justement Michel Jonasz, le célèbre et néanmoins pittoresque castra breton. Mais je m'égare… Ce qui a d'ailleurs son charme et permet, dans certains cas, de conserver une santé mentale intacte. Une bonne dose de digressions par jour vous booste le moral. Quant à Michel Drucker et son sous-marin subatomique, ce sera pour la prochaine fois. D'ici-là…


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26/08/2005

BONNOT MANIFESTO

Dynamitons la réalité morne et insipide de notre quotidien en la contaminant par des propos burlesques, non-sensiques et délirants. Intégrons des choses licencieuses et complètement inutiles dans nos bases de données stériles. Commençons une discussion sérieuse et ma foi fort belle et glissons brutalement vers de longues digressions tout à fait hors sujet et parfaitement absurdes. Ponctuons nos discours d'onomatopées inutiles et de vides déstabilisants. Pratiquons donc une forme d'activisme qu'on pourrait assez pompeusement qualifier de terrorisme burlesque. Envoyons des mails grotesques, des sms abscons, voire abstrus, qui ne font rire que nous-même.

Car là réside toute la beauté du geste: il ne s'agit pas d'essayer de faire rire les gens comme essayent vainement de le faire ces piètres comiques télévisuels (Pirette, Herman, l'Embrouille, Taloches, Leeb) dont le rôle avoué ou pas, conscient ou pas est de contribuer à un abrutissement des masses et donc de les priver de toute forme de jugement et à fortiori de choix (politique, culturel, …), mais bien au contraire, par le biais de ces absurdités verbales, écrites, anales et autres, il s'agit d'échapper à ce monde figé voulu par nos énarques et les pères de leurs pères, maintenu et renforcé par les médias et la pub, et de s'évader dans une hyperréalité surréaliste et baroque, dans un réalisme magique que ne désavouerait probablement pas Karel Degrelle…

Ecrivons donc de grands poèmes mystiques sur Michel Drucker et son sous-marin nucléaire, des odes barbares à Lionel Jospin et à son smegma durci lui crispant la mâchoire, suppurons sur la contribution inestimable de Laurent Ruquier à la mécanique quantique, glosons sur l'influence de la tectonique des plaques sur les soubrettes boraines en rut, esbaudissons-nous du côlon rutilant d'Anne-Marie Lisier, aplatissons-nous béatement devant la bonhomie ancestrale de Guy Lemaire, le pittoresque philosophe sylvestre, rendons un hommage mérité quoique tardif à un des plus grands hommes politiques belges de son temps et d'après, Raymond Callemin et ses scarifications rituelles… Mais tout ça, étrangement, commence à faire désordre.

Alors, violemment mais le cœur empli d'une indicible tendresse, à l'instar du grand poète sumérien André Urbain dont les sagas immémoriales résonnent encore dans les profondeurs de nos cerveaux reptiliens, scandons d'étranges mantras neuroleptiques et claironnons d'une seule voix MON DIEU, QUEL BONHEUR INSOUTENABLE……JE……J'IMPLOSE D'ALLEGRESSE!!!!!

Et Jésus-Christ, de retour sur Terre pour son Deuxième Avènement, ayant écouté le premier set du coarborant et pontifiant deejay, se mit à pleurer, sortit un 357 Magnum à balles perforantes de son linceul, se l'enfonça dans l'anus et et et et et et et et pas de chance pour Lui, l'arme s'enraya alors que débutait le deuxième set…






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05/08/2005

LE CASTOR, CE FIER ANIMAL...

Le castor est un petit animal familier à poils drus quoique lustrés. Il se sert de sa queue volubile et mordorée pour toutes sortes de travaux ménagers: la vaisselle, la lessive, la branlette matinale, le zapping, la lecture des résultats sportifs au bistrot le dimanche après la messe et bien sûr le fist-fucking de ses multiples compagnes dans les toilettes dudit bistrot…

Et pourtant, les mœurs de ce petit carnassier restent grandement méconnues du grand public, pourtant friand de sensations fortes et autres sensations exotiques. Saviez-vous par exemple que le castor, parfois appelé – à juste titre d'ailleurs – le hardeur de la Taïga, est capable à lui seul de saillir 75 fois la reine Fabiola en très exactement 368 secondes, soit 44 fois plus que ce que pouvait accomplir feu le roi Baudouin dans ses meilleurs jours, c'est-à-dire après six heures de brainstorming et autres gesticulations mystiques lors d'un séminaire du Renouveau Charismatique.

Son biotope (celui du castor, pas de Baudouin) est par ailleurs particulièrement intéressant puisqu'il s'agit ni plus ni moins des inénarrables champs ioniques de Motril, là-même où fut découvert le premier spécimen d'autruche préhistorique, prisonnier des amas de smegma congelé du spermafrost. Son cri qui vous glace le sang est quant à lui le prurit ululant, ce qui fait dire à d'aucuns qu'il aurait pu entamer une grande et belle carrière de chanteuse de charme. Mais point n'est cependant besoin de le regretter car les larmes du Christ sur sa croix d'infamie n'y pourront rien changer…

Par ailleurs, sa crête molle fait encore se pâmer d'envies inassouvies d'innombrables soubrettes se prenant à rêver à d'invraisemblables assemblages bucco-rectaux à géométrie variable. Poésie, quand tu nous tiens!… Mais fi d'allégresse, il s'agirait plutôt de redorer le blason de ce petit animal aussi peu médiatisé que courageux, n'hésitant en effet jamais à donner de la queue pour satisfaire le plus exigeant des ménestrels en d'ébouriffants ébats qu'à ce jour, seuls les cérémonies païennes et dionysiaques de Guy Lukowski et Paul Louka sont à même d'égaler…

Gentes dames et beaux seigneurs, que nenni non point, saluons l'ardeur de ce petit mammifère que l'on rencontre parfois dans les sous-bois, généralement agités de soubresauts et autres convulsions printanières, sous forme de terrine étrangement calme bien que placide, car comme le disait si justement Lionel Jospin, que qui peut puisse!!!…


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